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Consultation publique sur l'avenir du pays : vraie démocratie ou illusion ?

Un gouvernement qui s’est entouré d’un comité scientifique (politologues, constitutionnalistes, experts de la démocratie participative) pour baliser cette consultation. Min Reuchamps, politologue à l’UCLouvain et vice-président de la FIDE (fédération pour l’innovation démocratique en Europe), fait partie de ce comité. Dans les journaux L'Avenir, elle explique : "Il faut rester prudent quand on parle de participation citoyenne, qu’il convient de voir comme un processus en évolution progressive, avec une gradation, des échelons. Tout en bas de l’échelle se trouve une forme de manipulation, puis de la thérapie, ensuite de l’information à la population. On arrive ensuite à la consultation, puis la concertation, la véritable codécision et, tout en haut, la délégation de pouvoirs aux citoyens." Vraiment ? Elle ajoute : "Cette expérience est un one-shot, il ne faudrait pas que ce soit un coup dans l’eau. Il ne suffit pas de dire 'donnez-nous votre avis', il faut aussi en tenir compte."

Et c'est bien ce qui nous inquiète, à Oxygène ! "Pour que l’expérience participative soit vraiment intéressante, le premier élément, c’est l’information : les citoyens doivent savoir que la plateforme existe. Typiquement, le risque est que ce soient principalement des hommes, universitaires, d’un certain âge, Belges bien établis qui répondent surtout à la consultation, d'autant que les sujets seront parfois assez pointus : financement du fédéralisme, son organisation, la répartition des compétences, la procédure de dissolution de la Chambre, le mécanisme de formation d’un gouvernement, la modernisation des droits et libertés constitutionnels, etc. Or, l’ensemble de la population doit avoir accès à l’information. Il va vraiment falloir aller chercher les gens. L’idéal, dans l’absolu, serait d’inviter par courrier 11 millions de Belges à y participer par courrier… mais je crains que ce soit fort coûteux." 

Consultation publique sur l'avenir du pays: un moment de démocratie à ne pas louper

En binôme avec la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), le ministre des Classes moyennes, Indépendants et PME, David Clarinval (MR) est en charge des Réformes institutionnelles et du Renouveau démocratique. Il assure : "Tout le monde est invité à s’exprimer : les citoyens, les ONG, les partenaires sociaux, etc. Toutes les parties prenantes. Pour ce faire, une campagne de promotion est prévue pour plus d’un million d’euros." Cette consultation publique fera l’objet d’un large rapport, qui sera remis au gouvernement et permettra de baliser les débats à venir. Pour autant, les citoyens auront-ils le sentiment d’avoir été vraiment entendus ? "Les politiques travailleront sur base du rapport de la consultation publique, insiste David Clarinval. Il est évident que nous allons tenir compte de l’avis des citoyens ! Mais il y aura forcément des contents et des déçus, en fonction des opinions. Ceux qui sont favorables à l’indépendance de la Flandre ne seront pas nécessairement satisfaits, glisse déjà le ministre. "Ce n’est pas un sondage dans lequel vous devez cocher des réponses. On parle de la réforme de la Constitution, donc les réponses ne sont pas noires ou blanches. Les participants devraient pouvoir répondre à tout en une heure, mais ne seront a priori pas obligés de répondre à chaque question, ni d’y répondre en une seule fois." 
Une sortie de la N-VA donne un aperçu de ce que seront les débats lorsque se profilera réellement la septième réforme de l’État. Réagissant à la publication de l’appel d’offres pour la consultation publique, le parti flamingant n’a pas manqué d’égratigner la Vivaldi. Sur la méthode, tout d’abord, les nationalistes pointant le fait que l’analyse et le traitement des résultats de la consultation se feront au moyen de l’intelligence artificielle en garantissant « le principe de loyauté » et en évitant « les préjugés, la discrimination et l’exclusion des déclarations non standard ». "Est-ce un “préjugé” quand quelqu’un souligne le niveau d’activité plus élevé des Flamands ? Faites-vous de la discrimination lorsque vous rappelez les années de transferts en Wallonie ? Et qu’est-ce qu’une déclaration non standard ?", interroge le député Sander Loones. Le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover, met en cause la légitimité même de la Vivaldi pour organiser la consultation. "Nous avons déjà régulièrement de grandes enquêtes citoyennes dans ce pays. Nous les appelons “élections”. Mais la Vivaldi ne respecte même pas le résultat de ces élections, le Premier ministre vient du septième parti au sein d’un gouvernement minoritaire en Flandre." 
Voilà qui promet... 

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