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Le Belge veut-il la fin de la démocratie ?

Un quart des Belges voudrait en finir avec la démocratie parlementaire actuelle et la remplacer par un autre système. Plus d’un citoyen sur trois estime même que notre pays serait mieux géré si une seule personne était aux commandes. Telles sont les premières conclusions, interpellantes pour le moins, d’un sondage exclusif commandé par la RTBF à l'institut Kantar dans le cadre d'une opération baptisée "Bye-bye la démocratie ?" 

Moins d’un Belge sur cinq se dit satisfait de la manière dont marche le système. Les deux tiers de la population considèrent vivre en démocratie même si, pour 50 % des personnes interrogées, celle-ci fonctionne mal. Près d’une sur quatre est pour supprimer notre système démocratique parlementaire et le remplacer par un autre. Dans le même temps, la même proportion (1/4) estime que notre situation politique se rapproche déjà d’une dictature.Le niveau d’éducation des personnes interrogées influence la confiance dans le système démocratique : celles qui ont un diplôme supérieur sont beaucoup moins nombreuses (16,4 %) à vouloir le supprimer.

Changer le système : comment ? Dans le sondage, les citoyens devaient aussi se prononcer sur le point suivant : "Notre société serait-elle mieux gérée si le pouvoir était concentré dans les mains d’un seul leader ? " Résultat ? Plus d’un Belge sur trois dit : oui. Ce sont surtout les jeunes, les inactifs, les ouvriers et les personnes avec un diplôme de primaire ou de secondaire inférieur qui veulent un régime fort. Chez les jeunes de 25 à 34 ans, le chiffre atteint 47 % : un sur deux !

Une différence est également perceptible entre les régions sur la question, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, il y a plus de Wallons (près de 43 %) qui veulent qu’un seul leader ait le pouvoir contre 35 % des Flamands et 32 % des Bruxellois. Même si les citoyens pointent clairement l’influence du monde politique dans leur vie, la majorité des Belges (60 %) estiment que ces mêmes politiques n’ont plus de réelles capacités d’améliorer leur quotidien et qu’ils ne peuvent quasi rien changer.

À qui la faute ? Depuis sa création, Oxygène ne cesse de dénoncer un système qui n’a de démocratique que le nom. Un système où nombre de politiques ont pour but non pas d’être utiles aux citoyens (qui les ont élus !) mais de servir leurs propres intérêts ; de conserver le pouvoir à tout prix à coups d’alliances pré-électorales et en plaçant pour ce faire des amis, des parents (les nombreux « fils de… »), bref des hommes de paille à des postes-clés indépendamment de leurs compétences ; et, régulièrement, à se « sucrer » au passage alors que, dans le même temps, on ne compte plus les gaspillages d’argent public. Voilà ce qui écarte le commun des mortels de la politique et sape sa confiance en ceux qui l’exercent. Au point d’être prêt non seulement à un retour à une seule entité fédérée – ce qui serait plutôt louable – mais, si on n’y prête pas garde et pour une frange de la population aisément influençable, à se jeter dans les bras du premier beau parleur charismatique avec tous les risques que cela comporte, comme l’Histoire l’a maintes fois démontré.

Il est grand temps que ça change !

Catégorie : Oxygène s'inquiète