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L’école ne fait pas le job

Quelles sont les attentes des jeunes par rapport au monde du travail ? Sont-elles en adéquation avec ce que les employeurs, eux, imaginent et avec ce dont ils ont besoin ? Pour le savoir, la Fédération des entreprises de Belgique et l'assureur AG ont commandé une enquête auprès des principaux intéressés : d’une part des jeunes entre 17 et 28 ans – étudiants, demandeurs d'emploi, jeunes travailleurs –, de l’autre des employeurs de divers secteurs.
Le point qui frappe d’entrée, le premier sur lequel ces deux groupes-cibles sont d’accord, c'est l'école. Plus d’un élève du secondaire sur deux estime que celle-ci le prépare mal à son avenir professionnel. Un chiffre qui descend à 41 % chez ceux, un peu plus âgés, qui exercent ou ont déjà exercé un emploi, mais quand même ! Le constat des patrons est plus sévère encore, pour ne pas dire sans appel : pour les les trois quarts d'entre eux, l'école ne remplit pas sa mission, étant donné la difficulté qu’ils ont à trouver les profils souhaités.
Voilà une pierre de plus dans le jardin d’un enseignement dont la qualité ne cesse aussi de s’effriter, comme en témoignent de nombreuses études internationales (PISA par exemple) année après année. Il y a cinq ans déjà, un indicateur de la qualité et notamment de l’efficacité de l’enseignement plaçait la Belgique 21e sur 34 pays de l’OCDE. De toute évidence, la situation ne s’arrange pas. Et en 2016, la plateforme Educaid.be prônait, parmi ses recommandations, la mise en œuvre d’approches pédagogiques efficaces, pratiques et surtout ancrées dans la réalité. Ici aussi, on semble en être loin.



Pour en revenir à l’enquête de la FEB, employeurs et jeunes s'accordent aussi sur une plus grande flexibilité des horaires. Ainsi, 75 % des jeunes travailleurs ou étudiants interrogés ne veulent plus d'horaires rigides. Ils souhaitent par exemple travailler davantage certaines semaines, et moins d'autres. Les entreprises ne demandent pas mieux mais la législation, qui date d'un autre temps, ne permet pas de répondre à de telles aspirations. Ce souhait de flexibilité va de pair avec la possibilité de télétravailler, dont l'habitude s'est répandue pendant les confinements. Deux tiers des jeunes travailleurs qui l’ont expérimentée à cette occasion en veulent davantage. La grande majorité – près de sept jeunes sur dix – donne sa préférence à un mix entre deux ou trois jours de télétravail par semaine et le reste en présentiel. 90 % des employeurs interrogés disent proposer cette flexibilité.
Autre point de convergence, plus surprenant dans le chef des jeunes surtout : limiter dans le temps les allocations de chômage. Seuls 14 % d’entre eux (et 8 % des employeurs) sont contre une telle limitation, 60 % considèrent même que ces allocations ne devraient pas excéder deux ans.
Et là où les avis divergent ? Une majorité de jeunes considère que les entreprises doivent faire plus d'efforts en matière de responsabilité sociétale, d'environnement et de diversité. Ils sont également à peine 1 sur 3 à attendre des augmentations des salaires basées sur la productivité alors que 3 employeurs sur 4 pensent que les jeunes recherchent ce type de promotion.

Catégorie : Le fil d’actualité