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Climat... de schizophrénie !

Faut-il vraiment s'en étonner : la Belgique s'affiche en ordre dispersé à la face du monde à la COP 26, la conférence mondiale sur le climat qui se déroule actuellement à Glasgow. 

Les ministres régionaux ayant cette compétence dans leurs attributions ne sont pas parvenus à une position commune. En cause : le refus de la Flandre de s'aligner sur l'objectif – assigné à la Belgique par la Commission Européenne – de réduire d'ici 2030 de 47 % les émissions de gaz à effet de serre. Le nord du pays, responsable de près des deux tiers de ces émissions, n'en démord pas : il ne veut pas aller au-delà des 40 %. Le gouvernement flamand propose que les émissions non réalisées soient compensées, soit par des réductions réalisées par les autres entités (ben tiens donc), soit par l’utilisation de « flexibilités » – comprenez : l’achat à l’étranger de permis d’émission – dont le coût serait partagé entre Wallons, Flamands et Bruxellois. Tant à Namur qu'à Bruxelles, on précise qu'il est hors de question de payer pour que la Flandre ne fasse pas les efforts escomptés. Encore heureux ! 

Bref, du grand n'importe quoi. Un échec d'autant plus lamentable qu'il intervient alors qu’un classement de la performance climatique de 60 pays, établi par l’ONG spécialisée Germanwatch, classe la Belgique à la 49e position, soit un recul de 9 places par rapport à 2019. Même si l'Europe n'attend la révision du plan climat-énergie belge que pour 2023, une fois de plus notre petit état de 11,5 millions d'habitants est la risée du monde en lavant son linge sale en public et fait office de "boulet" au sein de l'Union Européenne. 


COP26: les ministres belges se mettront-ils d'accord sur un plan commun? -  RTL Info

Zuhal Demir, Philippe Henry et Zakia Khattabi, 3 des 4 ministres belges à Glasgow compétents en matière de climat. 


Est-ce le prix à payer pour avoir voulu un état fédéral ? Incontestablement. Un échec pour les Verts, 3 des 4 (!) ministres belges en charge du climat envoyés à Glasgow étant étiquetés Ecolo ou Groen ? Aussi, mais que peuvent-ils faire quand le blocage vient de Zuhal Demir, la seule d'entre eux à représenter la NV-A, selon laquelle "signer de fausses promesses n'aidera pas le climat". Au pouvoir en Flandre mais dans l'opposition au fédéral, le parti de Bart De Wever a beau jeu de faire cavalier seul. C'est une manière de plus pour lui, à travers ce dossier, de prouver que la Belgique ne fonctionne plus. 

La patate chaude est ainsi renvoyée au Comité de Concertation entre entités fédérale et fédérées, donc indirectement au Premier Ministre Alexander De Croo. Son parti, l'Open-VLD, est au pouvoir au fédéral sans la NV-A mais avec les écologistes, et en Flandre sans les écologistes mais avec la NV-A. Comment le libéral flamand pourrait-il briser la quadrature du cercle, casser la spirale infernale, empêcher le serpent de se mordre la queue ? 

Autre dossier chaud du moment, intimement lié : celui de la fermeture des centrales nucléaires. Ici aussi la ministre flamande de l'Energie se distingue puisqu'elle a refusé d'accorder un permis pour construire une nouvelle centrale au gaz à Vilvorde, alors qu'une autre va voir le jour aux Awirs près de Liège et que de telles centrales seraient indispensables pour garantir notre approvisionnement énergétique une fois les réacteurs éteints. Zuhal Demir se justifie cette fois en déclarant qu'il ne serait pas cohérent d'accorder un tel permis à une centrale... trop polluante (ce qui n'est pas faux par rapport au nucléaire) ! Ce matin sur les ondes de la RTBF, le président du MR Georges-Louis Bouchez - ouvertement pro-nucléaire - prenait la défense de Mme Demir, estimant que sa décision était plutôt "bonne pour l'environnement". Le libéral wallon valide ainsi une position qui va à l'encontre de celle du gouvernement fédéral... dont est membre son parti. 

Schizophrénique, on vous dit. 

Catégorie : Oxygène s’indigne