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Surréalisme à la belge

Il leur aura fallu plus de 12 heures ! Vendredi soir, le conseil des ministres restreint a finalement validé le licenciement avec chômage mais sans préavis du personnel soignant qui refuse la vaccination Covid. Une mesure qui sera d'application à partir du 1er avril 2022. Les soignants non vaccinés qui n'auraient pas reçu un autre poste de travail mais qui acceptent de se soumettre à des tests réguliers pourront continuer à travailler jusqu'au 31 mars. Ceux qui refusent verront leur contrat suspendu et basculeront dans le régime du chômage temporaire. Ils perdront leur habilitation. A partir du 1er avril, le contrat est automatiquement résilié sauf si le travailleur demande par écrit avant le 31 mars que son contrat soit maintenu. Le travailleur qui n'a pas fait cette demande et ne s'est pas fait vacciner entretemps verra son contrat rompu et aura droit directement au chômage complet. Voilà pour le "compromis à la belge"... sachant que le texte doit encore être soumis aux partenaires sociaux, et c'est déjà la guerre côté syndicats avec des actions à partir de la semaine prochaine et une déjà fixée au 7 décembre. 

On le sait : le PS, par la voix de son vice-Premier ministre Pierre-Yves Dermagne, avait validé dès lundi soir un dispositif prévoyant d'obliger les soignants à être vaccinés, faute de quoi ils seraient licenciés avec droit aux allocations de chômage. Un accord sur lequel le président du même Parti Socialiste, Paul Magnette, est revenu dès le lendemain, réclamant une "simple" suspension du contrat de travail.

Un président de parti qui désavoue ses propres troupes, c'est courant au MR, c'est presque inscrit dans les statuts depuis que Georges-Louis Bouchez a pris les rênes des réformateurs. Voilà que le PS (auquel Ecolo, dit-on, aurait discrètement emboîté le pas sur ce dossier) s'y met à son tour... et fâche non seulement ses partenaires gouvernementaux au fédéral mais aussi certains de ses élus, ainsi que son pendant flamand Vooruit (ex-Spa) dont la figure de proue gouvernementale n'est autre que le ministre de la santé Frank Vandenbroucke. Une vraie gabegie ! Et le citoyen est supposé encore comprendre quelque chose aux mesures prises et à la communication qui suit celles-ci ? 

Après d'âpres négociations, la Vivaldi trouve finalement un accord sur la vaccination du personnel soignant

Le Premier Ministre de ce bateau ivre, Alexander De Croo, accorde ce samedi un entretien aux journaux Sud Presse. A la question "ne serait-il pas temps de passer à la vaccination obligatoire ?" comme l'Autriche et 4 pays asiatiques l'ont fait, De Croo répond : "La discussion est devenue beaucoup trop politique et pas assez scientifique. On ne convaincra pas les gens par l’obligation vaccinale. On va faire quoi ? Les attacher sur un siège et les vacciner de force ? On parle de l’intégrité corporelle d’une personne. Je vais essayer de toutes mes forces de convaincre ces gens de se faire vacciner, mais j’ai du mal à forcer quelqu’un à se faire injecter dans le corps un produit qu’il ne veut pas. Je crains que l’obligation vaccinale radicalise ces personnes… Je trouve que l’argument de la vaccination obligatoire, c’est un peu de la paresse politique, dans le sens où l’on abandonne notre vrai boulot qui est de convaincre les gens, pas d’obliger. Mais je suis ouvert à la discussion. On a demandé au Commissariat Corona d’examiner toutes les pistes pour hausser le taux de vaccination." 

Question : au sein même de ce gouvernement qui tangue de plus en plus - sur d'autres sujets également : voyez le nucléaire, la grève des sans-papiers,...-, combien de ministres partagent cet avis, et combien sont contre ? En clair : quand une décision, quelle qu'elle soit, sera prise, elle sera portée par qui ? Et quelle frange de la population ces édiles (qui ont déjà dépensé 10 millions pour se faire conseiller !) seront-elles sensé représenter ? Avec la Covid, le Belge a appris à prendre ses distances. Il le fait aussi, et de plus en plus, non pas sur un plan sanitaire mais politique. Il ne se reconnaît plus dans un (des : ce n'est pas mieux dans les régions et communautés) exécutif fantoche qui, non content de tenter de ménager la chèvre et le chou, lave désormais son linge sale en public, perdant chaque jour un peu plus en crédibilité. 

Catégorie : Le fil d’actualité